Historique

1974 – 1984
Le chapitre québécois connaît une décennie difficille caractérisée par une baisse des membres francophones et le maintien d’activités minimales par un petit groupe de médecins anglophones (Le chapitre fantôme du CMFC : Depuis sa création en 1954, dans nos recherches pour la reconstitution de l’histoire du CQMF nous avions accès à de nombreuses informations sur le chapitre québécois entre autres archives, articles, procès-verbaux des réunions ; pour cette décennie 1974-1984, l’expression « chercher une aiguille dans une botte de foin » représente bien le travail lié à la difficulté de documenter cette étape sombre de notre histoire mieux connue sous l’appellation de section FANTÔME du Collège).

Pour en savoir plus, lisez ce qui suit1.

Claude LauriotL’année 1974 constitue une occasion de faire le point puisque le 20e anniversaire de fondation du CMFC approche. C’est le Dr Claude Lauriault qui était à la présidence du CQMF de 1973 à 1976.

Il est important de réaliser que « le médecin de famille canadien » journal des membres n’avait ou très rarement des articles concernant notre section. Même les quelques nouvelles de la section sont en anglais. Dans les années 1974 à 1977 inclusivement on ne retrouve aucun article sur la section Québec. À tour de rôle les autres sections avaient des nouvelles et des informations les concernant. Souvent les seuls articles francophones étaient la page de l’administrateur délégué, le Dr Donald I. Rice. C’est certainement grâce à lui que nous avions accès à une ou deux pages en français.

En 1974, aucun membre du Québec n’était sur l’exécutif du CMFC, et ce durant quelques années.



Donald I.RiceDonald I. Rice
Un article du Dr Rice en août 1974, 20 ans après la création du CMFC, qui s’intitule : « SENSIBLE et SÉRIEUX » a fait réagir les associations médicales et a suscité des craintes et des espoirs pour que le CMFC élargisse son rôle traditionnel et l’étendre à la représentation et à la négociation des conditions de travail des médecins de famille.

La manchette du Globe and Mail qui avait parue se lisait ainsi : « Les médecins de famille affectent $2, 235,000 à la réalisation d’un programme qui leur permettra de s’engager dans la politique et l’économique ». Ce titre était suivi d’un article rédigé par Joan Hollobon, une journaliste chevronnée chargée de la chronique médicale et il était d’ailleurs exact dans l’ensemble – mais quant à l’enthousiasme débordant du compositeur de titre, c’était autre chose. Si déconcertantes et inquiétantes qu’aient été les réactions des diverses associations médicales ontariennes, elles n’en étaient pas moins compréhensibles, car on croyait jusqu’ici que le collège une association vouée avant tout aux questions de normes, d’accréditation, d’enseignement et de recherche, et qu’il ne jouait aucun rôle dans les questions plus générales liées à la médecine canadienne, la médecine familiale plus particulièrement. Il est vrai que la direction du Collège s’est toujours efforcée d’éviter les embuches de la politique et de l’économique médicale et de résister aux tentatives de certains omnipraticiens frustrés qui voulait faire de notre association « un groupe qui exercerait, des pressions au nom des médecins de médecine générale du Canada ». C’était d’ailleurs l’essentiel de la demande des médecins du Québec et de celle des membres de l’exécutif du chapitre québécois qui quitteront le CMFC pour fonder la FMOQ en 1963.

Mais il est également vrai que les objectifs du Collège, exposés dans les lettres patentes de son incorporation, renferment entre autres une énumération quasi interminable des activités auxquelles il peut se livrer "pour appuyer et améliorer les qualifications professionnelles des membres de la profession médicale qui exercent la médecine générale au Canada". En fait, deux générations de membres ont su faire preuve de maturité et montrer qu'ils avaient le sens de leurs responsabilités, chaque fois que le moment est venu d'agir au nom du Collège, en réponse aux nombreux changements sociaux, économiques, politiques et éducatifs qui se produisent dans la société et intéressent directement les médecins de famille.

L'Enquête Clute sur la qualité des soins, le mémoire adresse à la Commission royale d'enquête sur les services médicaux, la réaction de la Commission Hastings sur les services médicaux communautaires, le rôle toujours plus important de l'infirmière, la rédaction d'une Brochure sur la médecine familiale - ne constituent que quelques-unes des activités non éducatives du Collège. Car qui, plus que le Collège, est en mesure de parler d'autorité au nom d'un nombre sans cesse croissant de médecins de famille, qui s’intéressent de plus en plus aux questions qui affectent l'exercice de la médecine familiale? Il faut être naïf, au encore manquer de sens pratique pour croire que, dans notre monde médical qui gagne chaque jour en complexité, une association médicale suffirait à elle seule à se prononcer au nom de la profession tout entière et sur toutes les questions non éducatives. La solution la plus prometteuse et la plus pratique consiste donc à inciter certaines associations dont les intérêts sont particuliers à s'intéresser à ces questions et à maintenir avec les autres associations une liaison efficace, de manière à ce que les efforts que nous déployons tous se conjuguent au lieu de s'annuler.

L'orientation du Collège n'a pas changé et elle ne change pas non plus en ce moment. Il continuera à s'intéresser au nombre sans cesse croissant de questions qui touchent de près la médecine générale. Les dossiers des malades ambulatoires, une définition acceptable de la médecine préventive et du maintien des soins médicaux, les soins d'urgence donnés par le médecin de famille, la juste proportion entre le nombre des médecins de famille et celui des usagers, la qualité des soins et l'accréditation, le rôle que le médecin de famille est appelé à jouer dans l'éducation du public, les conditions posées au renouvellement des licences, sont toutes des questions qu'étudient en ce moment divers comités du Collège. Or beaucoup d'entre elles ont un aspect politico-économique, comme c'est le cas pour la plupart des questions que soulève le régime des soins, qui est de plus en plus affecté par les décisions politiques et économiques.

Je suis persuadé que les membres du Collège qui sont chargés de ces questions suivront l'exemple de leurs prédécesseurs et, comme eux, éviteront de s'ingérer en politique ou en économique, lorsque d'autres personnes, d'autres associations auront plus de compétence pour le faire. Le Collège a travaillé fort pour accéder à sa position actuelle; il n'a jamais cessé de reconnaitre les besoins des médecins de famille pour ensuite s'efforcer de les satisfaire. Cette position ne sera pas compromise. Il semble indiqué d'adopter cette manière de penser et de tout mettre en œuvre pour inciter les autres associations à faire de même. Il n'est pas juste de prétendre que le Collège veuille "faire tout seul sa petite affaire".

À l’époque le Collège avait fixé à 1980 la fin de l’accès à la certification pour les médecins en pratique qui désirent se présenter à l’examen de Certification. Le médecin de famille qui veut accéder à cette catégorie d’admissibilité doit avoir exercé activement la médecine pendant cinq ans. Cette règle fait en outre de 1975 une année importante puisque les étudiants qui opteront pour la médecine générale après cette date seront tenus de faire leur résidence en médecine générale, s’ils veulent obtenir leur certification.

C’est à cette même époque que le Collège songeait de plus en plus à poser la formation médicale continue comme condition de renouvellement du permis d’exercice et, dans ce cas, le programme d’auto-évaluation jouera un rôle de plus en plus important, comme moyen volontaire de sélection, pour aider le médecin à opérer les mises à jour qui s’imposent.

U LavalDepuis 1974, l’université Laval à son programme de médecine de famille.

En novembre 1974, quatre ans après l’assurance nationale de santé au Canada un sondage dans 1559 ménages de Montréal dans une zone socialement hétérogène pour évaluer les différences de classe sociale dans l’utilisation des médecins de services. Le taux de visites chez le médecin au cours des deux semaines précédant l’enquête étant essentiellement les mêmes dans les basses classes économiques, le milieu et les classes élevées. Cependant les plus démunis font un usage considérable des hôpitaux et des urgences pour les soins primaires.


1 La majorité des informations ont été prises dans la revue « Le Médecin de Famille Canadien ».


1975
Cette période met beaucoup l’accent sur la formation en médecine familiale dans les universités du Canada. C’est du moins ce que laisse supposer le CMFC dans ses différents rapports et articles2.

Un article dans le médecin de famille canadien de février :
Université de Sherbrooke, la seule accréditée au Québec. La Certification en Médecine familiale demeure un aspect important de l'activité du Collège. Les 16 universités du Canada possèdent toutes, maintenant, un programme de résidence en médecine familiale et tous ces programmes ont été accrédités par le Collège, à l'exception de ceux des universités de Montréal, Laval et McGill. On espère toutefois que ces derniers le seront également au cours de 1975. Quelque 500 résidents, de toutes années, sont actuellement inscrits au programme et on estime à environ 1,300 le nombre de ceux qui le seront au programme de 1978-1979; de ce nombre, la moitié, ou 650, se présenteront chaque année à l'examen de certification.

On prévoit qu'en 1975, 350 candidats se présenteront à l'examen, soit 70 de plus qu'en 1974. Il y aura en 1975 un troisième bureau d'examinateurs, qui sera situé à Ottawa.

Le Collège s'est engagé à offrir en 1975 un examen rédigé entièrement en français et déjà des médecins de langue française se sont joints au comité des examens pour apprendre comment organiser et tenir un examen en langue française. (Héritage de la Dre Nadine St-Pierre)

En avril le CQMF comptait 208 membres. C’est aussi à cette époque que le CMFC invitait les secrétaires des sections à participer aux réunions du Conseil d’administration.

En juin 1975, lors de la sélection des récipiendaires des 19 prix et bourses aucun membre du Québec n’en a reçu. Toujours aucun membre du Québec sur l’exécutif du CMFC.

Les 8 et 9 août 1975 dans les faits saillants de la deuxième réunion semestrielle du Conseil des Directeurs à l’ordre du jour :

  1. Certification en médecine familiale (prorogation de la date limite pour les candidats admissibles qui sont en pratique :
    • Les diplômés en médecine de 1981 ainsi que ceux des années subséquentes, qui voudront s'inscrire à l'examen de Certification en médecine familiale devront, pour être admissibles, suivre un programme de résidence approuvé par le Collège.
    • Les diplômés des années antérieures à 1980 inclusivement auront droit de s'inscrire à l'examen de Certification, en qualité de candidats admissibles en pratique. (Aucun changement n'a été apporté aux conditions régissant cette catégorie d'admissibilité, qui demeurent: cinq années d'exercice actif de la médecine familiale; l’affiliation active au CMFC et 250 heures d'études postuniversitaires accréditées).
  2. Subventions aux divisions provinciales :
    • Le Conseil, soucieux d’encourager les divisions provinciales à rendre plus efficace leur secrétariat, a approuvé à leur intention une subvention qui leur sera versée à raison de 10 $ par membre. Souvenons-nous que le Québec n’avait que 210 membres. Cette somme leur sera versée sur demande, appuyée par une explication de l’usage qu’elles entendent en faire.
  3. Renseignements additionnels sur les programmes de résidence :
    • Université de Montréal
      • Une division de médecine familiale au sein de la faculté de médecine préventive et sociale.
      • Trois unités d'enseignement de la médecine familiale (l'accréditation du CMFC est imminente).
      • Trois professeurs géographiques de médecine familiale à plein temps et deux la plupart du temps.
      • Douze résidents: 9 en première année et trois en seconde.
    • Université Laval
      • Un département universitaire de médecine familiale.
      • Deux programmes de résidence en médecine familiale.
      • Quarante-huit médecins de famille qui enseignent: 13 professeurs géographiques à plein temps; deux, la plupart du temps, et 33 à temps partiel.
      • Quarante-huit résidents inscrits au programme: 24 en première année et 24 en seconde année.
      • L'accréditation par le Collège des médecins de famille du Canada est imminente.
    • Université McGill
      • Un département universitaire de médecine familiale.
      • Cinq unités d'enseignement de la médecine familiale situées à l'hôpital et dont l'accréditation par le CMFC est imminente participent au programme de résidence.
      • Importantes responsabilités éducatives au niveau sous-gradué.
      • Huit professeurs géographiques à plein temps et douze la plupart du temps.
      • Quarante-huit inscrits au programme de résidence de deux années.


UdM.jpg

Université de Montréal

Vue des chapitres concernant les licences permis d’exercice : Frustration ressentie par les médecins du Québec Dr Scarlat a déclaré que l'autorisation d'exercer est une très grave question au Québec et que le pouvoir est entre les mains de délivrance des licences et des universités. L'activité de l'Ordre est l'éducation et l'on peut perdre sa crédibilité si nous essayons de nous impliquer.

Il est important de noter que depuis 1975 la FMOQ s’intéresse de plus en plus à l’éducation médicale continue tout comme la formation pré graduée et post-graduée de l’omnipraticien. La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec a toujours été, jusqu’à récemment, opposée à la certification. La principale raison en était que la FMOQ ne voulait pas deux classes d’omnipraticiens. Elle s’est aussi opposée à la certification ayant peur que le médecin omnipraticien certifié se rende du côté des médecins spécialistes du Québec3.

En septembre le gros titre :
LA FORMATION en MÉDECINE FAMILIALE dans les UNIVERSITÉS du CANADA à l’HEURE ACTUELLE…
En 1966, LE COLLÈGE amorçait la réalisation de son programme de résidence en médecine familiale, avec l'établissement de deux programmes directeurs, l'un à l'Université de Western Ontario et l'autre à l'Hôpital Général de Calgary. Neuf ans plus tard, 169 candidats admissibles à la résidence obtiennent la certification en médecine familiale; sans compter que l'inscription au programme de résidence augmente chaque année. Sous une forme ou sous une autre, la résidence en médecine familiale se retrouve maintenant dans toutes les universités. Une seule université n'a pas de section de médecine familiale (Université du Manitoba); beaucoup ont obtenu ou cherchent à obtenir du Collège l'accréditation de leur programme de résidence. Voici qu’elle est actuellement sur ce rapport la situation au Canada, mais au Québec seulement l’Université de Montréal a donné de ses nouvelles :

Université de Montréal


2 Les informations nous proviennent toujours du « Médecin de famille canadien ».
3 Livre sur l’histoire de la FMOQ.


1976
Saviez-vous que ce n’est qu’en 1976 que le Collège devrait probablement approuver les programmes de résidence des universités McGill, Montréal et Laval ajoutant ainsi environ 200 résidents à la liste des 572 autres à travers le Canada qui seront admissible à l’examen de certification.

Au Conseil d’administration du CA national en mars une proposition pour que le Directeur exécutif soit autorisé à créer des liens avec les organisations associées du Québec.

Le CMFC voulait offrir des cassettes audio en français au médecin de Québec (Médifacts édition française), mais cette proposition a été refusé il serait en conflit avec Sonimed qui est parrainé par la FMOQ. Ceci a donné lieu à beaucoup de discussions et le commentaire de la FMOQ c’est que le CMFC n’avait pas réussi à ce jour à établir son propre service d’enregistrement médical en français.

McNally.jpgNous sommes en juin 1976 et depuis plusieurs années aucun membre du Québec ne siégeait au sein du Comité exécutif. Enfin ! Sur l’exécutif du National 1976 – 1977 un membre anglophone du Québec Dr L.B. McNally, de Pierrefonds.

Concernant les crédits d’études, à cette rencontre le CMFC songe à se départir de la méthode actuelle qui consistait à demander à ses membres de lui faire parvenir chaque année, avec preuve à l’appui, le rapport de leurs études. Il leur demanderait à l'avenir de lui envoyer une déclaration écrite, établissant leur participation à un programme accrédité de formation médicale continue, se réservant toutefois le droit de se livrer de temps à autre, a une petite vérification de ces prétentions.

En septembre 1976, dans la revue le Médecin de Famille Canadien nous sommes informés de :
L’état actuel de la formation à la médecine familiale dans les universités canadiennes
La résidence en médecine familiale a commencé en 1966, quand le Collège des Médecins de Famille du Canada a mis à l'essai deux programmes, l'un à l'université Western Ontario et l'autre à l'hôpital général de Calgary. Aujourd'hui, dix ans plus tard, on compte 360 médecins qui, en vertu de ce programme, ont obtenu la Certification en médecine familiale, et le nombre d'inscriptions augmente chaque année. Toutes les universités du Canada possèdent maintenant un programme de résidence accrédité par le Collège des Médecins de Famille du Canada.

Université Laval


Université McGill


Université de Montréal


Université de Sherbrooke


mcGill_university

Université McGill



1977
Avril 1977 l’administrateur délégué Donald I. Rice se questionnait4 :
Qui représente les médecins de famille du Canada ? À l’exception du Québec… le reste du Canada…
PLUS D'UN CRITIQUE de la médecine organisée répondrait à cette question par un mot évasif: « PERSONNE ».
Serait-il justifié de le faire? Au fait, qui peut, en tout temps et sur quelque question que ce soit, parler au nom d'un groupe de médecin donné et être raisonnablement assuré d'en refléter les opinions?

Trois groupes
Si j'en crois mes observations, les omnipraticiens/médecins de famille qui s'intéressent à la question se trouvent dans trois groupes.

  1. Le premier (FMOQ) comprend ceux qui ne veulent rien avoir à faire avec notre Collège. Ils font preuve d'activité dans les sections provinciales de médecine générale et se montrent parfois nettement hostiles à notre association.
  2. Le deuxième groupe est formé de médecins de famille intéressés qui sont membres à la fois du CMFC et de l'AMC, par l'intermédiaire de l'une de ses sections provinciales. Ils appuient donc ces deux associations, mais, faute de temps, ils se reposent sur l'une ou l'autre d'entre elles pour s'occuper de leurs affaires.
  3. Le troisième groupe se compose des médecins de famille qui sont membres du CMFC, et, de ce fait même, de l'une des sections provinciales de l'AMC. Mais ils ne comptent guère sur la section provinciale de l'AMC pour les représenter sur toute question, politique, éducative ou économique, affectant la médecine familiale au Canada, mais s'en remettent plutôt à ce sujet au CMFC. C'est chez eux que grandit l'impatience et montent les protestations.

L’une des solutions à laquelle je me rallie d’ailleurs, consiste à évaluer exactement les ressources dont dispose le médecin de famille dans le domaine politico-économique et de les utiliser avec plus d'efficacité. Mais il faut reconnaître avant tout que les omnipraticiens/médecins de famille qui se préoccuperont de ces solutions, au point de s'y intéresser activement, sont relativement peu nombreux. Ils resteront passifs pour la plupart, percevant bien, dans leur astucieuse indifférence, le profit qu'ils ne sauront manquer de retirer de toute négociation qui tournera a l'avantage de la collectivité.

Une autre considération avec laquelle il faudra compter désormais, c'est que le Collège des Médecins de Famille du Canada ne fermera plus jamais les yeux sur les aspects économiques et politiques de la médecine familiale. Il a trop travaillé à rétablir la médecine familiale dans son rôle d'éducatrice et l'enjeu de la partie est beaucoup trop grand pour qu'on laisse cette nouvelle discipline s'échouer sur des écueils économiques et politiques. Les membres du CMFC s'attendent à ce que je devrais même dire qu'ils tiennent, à participer à toute discussion portant directement sur le milieu où ils seront appelés à exercer. Il ne faut pas oublier enfin que les aspects économiques et politiques de la médecine sont de compétence provinciale et qu'ils doivent être traités au niveau provincial.

Dans ces conditions, il convient, je crois, que les sections provinciales de médecine générale, là où elles existent, bien entendu, fassent cause commune avec les divisions provinciales du Collège des Médecins de Famille du Canada, pour fournir au comité des tarifs et aux organismes de prise de décision des divisions provinciales de l'Association Médicale Canadienne, les renseignements et les données dont elles ont besoin pour tenir compte du point de vue et des préoccupations des médecins de famille. Dans les provinces où il n'existe pas de section de médecine générale, ce rôle est dévolu à la division provinciale du CMFC. Un comité ou un autre organisme conjoint sur l'économie veillera à ce que le fruit de cette activité parvienne aux secrétariats généraux de l'AMC et du CMFC, par l'intermédiaire des délégués aux conseils de ces deux associations. Il me semble que cette méthode permet de résoudre un problème qui s'aggrave de jour en jour et qui sème l'agitation dans nos rangs. Tandis que les solutions de rechange ne seraient pas à l'avantage de la médecine. Je laisse donc aux sections et divisions provinciales le soin de s'acquitter de cette mission.

Comme mentionné à travers les décennies le Québec figure très peu au niveau des prix et bourses du CMFC nous pouvons presque dire absents, mais ceux qui ont réussi à les obtenir sont…
En 1977 aucun titre de « Fellow » pour le Québec.
Les autres prix et bourses sont :

  1. La bourse de recherche du médecin de famille canadien.
  2. Le prix littéraire Ortho
  3. Bourses d’études en psychiatrie
  4. Bourses d’études postuniversitaires Schering – Dr Marcel Germain, Sherbrooke
  5. Bourses d’études post universitaires Upjohn – Dr A. Coakley, Montréal
  6. Membre honoraire
  7. La série de causerie Murray Stalker
  8. Médecin de famille de l’année
  9. Membre à vie – S.L. Eidinger, Montréal / H. Rosenfeld, Montréal


Juin 1977, premier examen du Collège en français à Ottawa. 12 des 13 participants réussissent l’examen.

4 Article tiré du « Médecin de famille canadien ».


1978
En août un article « La section québécoise du Collège des Médecins de famille du Canada a tenu son assemblée annuelle à Montréal, ce 21 avril dernier5. Dans une première partie organisée par le docteur Jean-Guy Harris, président du Comité des Assemblées scientifiques, nous avons entendu deux conférenciers. Le docteur David J. Roy, directeur du Centre de Bioéthique de l’Institut de Recherches cliniques de Montréal a fait un tour d’horizon des questions d’éthique soulevées par la recherche et le progrès dans les sciences biologiques. Il y avait matière à réflexion.

Augustin Roy.jpgPar la suite le Dr Augustin Roy, président-secrétaire général de la Corporation professionnelle des Médecins du Québec, a souligné l’importance de l’enseignement médical continu et du rôle joué par la corporation. Il a loué les efforts déployés par le Collège des médecins de Famille dans cette sphère d’activité.



Maurice Schwartz
Maurice Schwartz.jpg


La deuxième partie de l’assemblée annuelle, consacrée à une réunion d’affaires, s’est terminée par l’élection du Conseil d’administration. Voici les noms ainsi que les postes respectifs :


Fondation de la section des professeurs aujourd’hui (section des enseignants), au Québec nous étions représentés par le Dr Jacques Gaudreau de Québec. Une activité spéciale de cette section lors de la 21e Assemblée scientifique à Charlottetown, I.P.E. en septembre 1978. En 1978, plus aucun médecin du Québec, sur l’exécutif du CMFC.

Dans les honneurs pour les prix et bourses, le Québec francophone est encore une fois peu reconnu. Les médecins sont lauréats :


Dans la revue le « médecin de famille Canadian » décembre 1978 nous pouvons lire un article
ICI (ONTARIO) ON PARLE AUSSI LE FRANÇAIS, mais l’article est écrit en anglais?
Toutefois, l’AMC de l’Ontario a reconnu l’importance du français dans cette province voisine. Lors de sa dernière réunion annuelle, elle a institué une section de langue française. Les objectifs de cette section seront d’inclure des médecins francophones de l’Ontario, promouvoir l’harmonie et la compréhension entre eux et la profession médicale en général. L’utilisation de la langue française à travers les activités scientifiques. De meilleures relations avec d’autres groupes francophones de la province et du pays.



1979
Résumé du livre publié pour les 25 ans du Collège « STRENGTH In STUDY » version anglaise seulement. C’est le Donald I. Rice dans son article qui fait un résumé du livre « Strength In Study », l'histoire non officielle du Collège des Médecins de Famille du Canada, rédigée par David Woods, rapporte dans le détail la vie du Collège au cours de ses vingt-cinq premières années. On pourra se procurer ce livre vers la fin d'avril ou le début de mai.

Le Collège, de quelque façon qu'on envisage la question, a beaucoup fait depuis sa fondation en 1954. D'aucuns diraient même qu'il est arrivé à ses fins et qu'il peut maintenant se bronzer au soleil de ses réalisations, s'accorder un temps d'inactivité relative, voire de complaisance, en tout cas de consolidation. Mais je vois la chose d'un autre œil. Sans doute, je partage la satisfaction et l'enthousiasme des autres à cet égard, mais j'éprouve un sentiment de vulnérabilité: comme s'il me restait encore une moitié du chemin à parcourir, d'autres choses à accomplir, plus de temps à consacrer à l'amélioration de notre « produit », des normes plus élevées à arrêter pour l'exercice de la médecine générale et une ambiance plus favorable à créer pour le médecin de famille.

Au seuil de ce second quart de siècle, je vous propose donc les résolutions suivantes qui, à mon avis, sont sages, réalistes et propres à assurer au Collège le comportement et les réalisations qu'il a connus, au cours de ses vingt-cinq premières années de règne et de lui conserver ainsi l'appui de ses membres.

  1. Le Collège poursuivra son œuvre pédagogique à tous les niveaux de la formation du médecin de famille (universitaire, postuniversitaire et permanente) pour que le médecin de famille soit toujours en mesure de satisfaire aux besoins d'une société qui évolue sans cesse.
  2. Le Collège continuera d'évaluer les programmes de résidence en médecine générale et de veiller à ce qu'ils demeurent pratiques et réalisables et non pas artificiels et idéalistes.
  3. Le Collège cherchera la réponse à donner à ceux qui lui posent la question: « Prouvez-nous que le médecin de famille qui a fait sa résidence en médecine familiale prodigue de meilleurs soins que ceux qui ne l'ont pas faite.
  4. Le Collège n'épargnera aucun effort pour que la médecine familiale demeure une profession attrayante. S'il faut pour cela nous occuper plus des questions économiques et politiques, nous le ferons sans la moindre hésitation, de la manière indiquée et en assumant nos responsabilités.
  5. Le Collège répondra, pour sa part, au problème de la main-d’œuvre en médecine familiale en trouvant une réponse aux questions suivantes:Le Collège insistera plus énergiquement auprès des organismes préposés à l'émission des licences pour qu'ils ne les délivrent qu'aux médecins compétents, et non pas, simplement, aux médecins « sûrs », quelle que soit la signification qu'on attache ici à ce qualificatif.
    1. Quel médecin doit donner quels soins, et à qui?
    2. Quel doit être, en regard de la population, la proportion des médecins de famille par rapport aux spécialistes?
    3. Dans quelle mesure la répartition, le mode d'exercice et le nombre des médecins de famille, agissent-ils sur la statistique de la main-d’œuvre médicale?
  6. Le Collège insistera plus énergiquement auprès des organismes préposés à l'émission des licences pour qu'ils ne les délivrent qu'aux médecins compétents, et non pas, simplement, aux médecins « sûrs », quelle que soit la signification qu'on attache ici à ce qualificatif.
  7. Le Collège va collaborer avec les éducateurs médicaux à la découverte de formules permettant de mieux tirer parti de nouvelles sources de formation du médecin de famille, vu les restrictions qui frappent de plus en plus le financement de l'enseignement médical.
  8. Le Collège encouragera les médecins de famille à s’intéresser à des domaines particuliers, comme la gérontologie, la médecine d'urgence, la médecine des sports et la médecine professionnelle, mais il le fera dans le cadre de la médecine familiale, exposant d'autant moins la discipline à plus ample fractionnement.
  9. Le Collège continuera à encourager le médecin de famille à assumer une responsabilité dans le soin des malades hospitalisés et de chercher, sur ce point, à rendre plus intéressant le rôle joué à l'hôpital par le médecin de famille.
  10. Le Collège, enfin, continuera de reconnaitre le besoin, voire l'opportunité, de collaborer étroitement avec tous les membres de l'équipe médicale et appliquera énergiquement un ensemble de mesures propres à en consolider l'unité.

Si le Collège réussit à réaliser ce programme en dix points, nous pouvons être raisonnablement surs que le prochain quart de siècle lui posera autant de défis, qu'il sera aussi animé et productif, et qu'il rapportera autant aux générations à venir, que celui qui vient de s'écouler.

ANGLAIS / FRANÇAIS
Des échanges entre les membres anglophones et francophones dans le « médecin de famille canadien ». Certains disaient : L’entente n’est pas cordiale. En septembre 1979 nous avons imprimé une lettre d’un lecteur qui n’est pas satisfait de notre politique de certains articles en français !
PAS en FRANÇAIS s’il vous PLAÎT par le Dr C.R. S. Dawes, Winchester, Ontario
Je tiens à exprimer mes sentiments, mes inquiétudes et mon mécontentement avec votre politique de l’impression de plusieurs articles en français dans chaque numéro. Je ne vois pas qui profite vraiment de l’actuel politique. Il poursuit en disant qu’il ne comprend pas qu’un francophone s’abonne à cette revue pour un ou deux articles en français. Il termine en suggérant une édition française de la revue si c’est financièrement acceptable. Sinon une édition complète anglaise serait préférable. Suite à cet article, voici quelques réponses…


J'aimerais bien d'ailleurs voir augmenter le nombre de membres francophones de l'association qui écrivent dans leur journal. Les francophones ont bien des choses à dire. Mais généralement nous les écrivons dans les revues québécoises, sachant que bien des anglophones refusent de lire en français, soit par agressivité, manque de temps ou autres raisons. Nous oublions alors nos confrères francophones des provinces de l'Est, du Manitoba et les Acadiens, et nos confrères anglophones ouverts et intéresses. Pour quelle raison ferions-nous partie d'une association canadienne si ceux-là mêmes qui nous y ont invités refusent notre langue française, langue officielle du pays? Je remarque pour avoir participé au congrès de Banff il y a deux ans que nos confrères de l'ouest sont intéressés au français bien qu'ils aient d'énormes difficultés à le comprendre, faute de contact (contact que nous pourrions faire par notre journal, pourquoi pas). Mais nos confrères ontariens ont d'avantage tendance à refuser de s'exprimer d'entendre du français, bien qu'ils le connaissent très bien. II y a bien 40% de francophones à Ottawa et personne ne sait ce qu'est une toilette?

Quand même! Aussi j'aimerais exprimer le vœu de voir l'éditorial traduit en français, l'éditorial étant une communication des dirigeants de l'association aux membres, et étant une page que nous conservons et à laquelle nous aimons référer, mais rapidement, au besoin. J'aimerais également que les responsables du journal aient le souci d'aller chercher les écrits de leurs membres francophones qui jusqu’à maintenant évitent d'écrire dans leur journal, se limitant à d'autres revues francophones, ou alors écrivant dans le New England Journal tant qu’à écrire en anglais.

En cette année 1979 il n’y aura pas l’énumération des tous les prix et bourses, seulement ceux remportés par les membres du Québec.


5 Article dans le « Médecin de famille canadien ».
6 Médecin de famille canadien décembre 1979.


1980
En février 1980 le docteur Donald I. Rice décrivait dans le « médecin de famille canadien » les plus importantes questions qu’il faudra résoudre dans les années à venir :

  1. Médecine familiale : Aspect économique pas d’impact au Québec puisque c’est la FMOQ qui négocie les honoraires et les modalités de rémunération du médecin de famille.
  2. Médecins de Famille compétents : Délivrance des Licences / une autre question qui appelle plus ample considération est celle de la formation requise et de la compétence établie, pour les médecins qui veulent obtenir une licence complète et non restrictive, en vue de l'exercice de la médecine familiale. Si nous ne nous sommes pas entendus jusqu'ici sur ce point, c'est, je crois, que nous n'avons pas su communiquer. D'où les malentendus, les soupçons, voire même, parfois, la crainte que le pouvoir de délivrer les licences fût en train d'être usurpé. Ce problème mérite d'être examiné immédiatement sous toutes ses faces. Si ceux qui sont préposés à la délivrance des licences n'assument aucune responsabilité quant à la compétence des médecins de famille, qu'ils en fassent état dans le permis qu'ils lui remettent. Si, au contraire, la délivrance du permis se fonde sur la compétence, qu'ils définissent cette compétence, ses normes et son mode d'évaluation.
  3. Rôles relatifs joués par les « Professionnels de la Santé » L'exercice de la médecine a toujours été caractérisé au Canada par l'adaptation du médecin aux circonstances changeantes que posait la géographie ou la règlementation hospitalière, ou encore, par les préférences personnelles du médecin qui, elles, n'étaient limitées que par la compétence de la personne et les qualités requises dans une région donnée. Beaucoup d'omnipraticiens, de médecins de famille, ont exercé à des degrés variables, la chirurgie, l'obstétrique, l'anesthésie; ont corrigé des troubles de la réfraction oculaire, ont prodigué enfin une foule de soins médicaux et pédiatriques. Les autres médecins et chirurgiens spécialisés continuent pendant ce temps à administrer des soins médicaux primaires et continus, lesquels sont, traditionnellement, du ressort du médecin de famille.
  4. Formation adéquate du Médecin de Famille en juillet 1980, 14 années se seront écoulées depuis l'inauguration des premiers programmes de résidence en médecine familiale. Partis à zéro, sans aucun plan auquel ils pouvaient se référer, ils ont, en quelque sorte, façonné ces programmes, en s'inspirant des connaissances que les professeurs puisaient pour leur part de leur enseignement et de leur expérience; en estimant au mieux les besoins des usagers pour un médecin d'une discipline donnée et en profitant au maximum du temps consacré à la résidence. Tout en améliorant les programmes de résidence, par une meilleure formation des professeurs et par l'institution d'une formule d'auto-évaluation en cours d'études, les membres des Comités des études et ceux de la médecine familiale académique ne sont pas restés insensibles à la critique de ceux qui prétendent que la formation complémentaire en médecine familiale, prescrite par le Collège, n'est pas indiquée, voire nécessaire. Ce reproche nous est adressé surtout par les organismes provinciaux préposés à la délivrance des licences, par les ministères provinciaux de la Santé, par au moins une division de l'Association canadienne des internes et résidents et aussi par les hôpitaux qui continuent de préconiser l'internat, à cause du profit qu'ils en retirent.

Ceux qui font autorité sur la formation du médecin de famille se trouvent dans les départements de médecine familiale des universités et au Collège des Médecins de Famille du Canada. Nous admettons que les programmes de formation sont de qualité variable et qu'il sera toujours possible de les améliorer; mais ceci dit, nous soutenons que les objectifs et les normes de la formation en médecine familiale sont aussi bien définis, aussi valables, que ceux de toute autre spécialité. Ceux qui sont chargés de la promotion de la médecine familiale devraient, à mon avis, se montrer plus fermes envers la critique, s'ils veulent que la médecine familiale jouisse enfin de la crédibilité qu'elle s'est méritée. Le Collège des Médecins de Famille du Canada, en sa qualité d'organisme préposé à l'établissement des normes et à l'accréditation, en médecine familiale, poursuivra son appui en ce sens, pourvu que les normes des programmes de résidence continuent d'être acceptables. L'avenir réserve maints changements, dans le régime des soins médicaux au Canada et dans le rôle que le médecin de famille y joue.

En mars 1980, le Dr Dawes qui avait écrit le premier article « Pas en français s.v.p. » et certainement après avoir lu les commentaires reprend la parole : « J’ai certainement touché une corde sensible avec ma lettre que l’éditeur a gentiment titrée. C’est sans doute pourquoi plusieurs ont manqué le sens de ma lettre. Mes sentiments n’étaient définitivement pas destinés à être anti-français et anti bilingue. J’appuie le gouvernement fédéral et sa politique de bilinguisme et son objectif de fournir tous les services dans les deux langues officielles. Ma préoccupation était plutôt dirigée par une politique de compromis qui pour moi n’avait peu d’intérêt mais en fait de ne pas offenser nos collègues de la langue française. Encore une fois je crois que la meilleure solution est d’avoir la revue complète dans les deux langues et j’ajoute que nous devrions être prêts à contribuer financièrement pour rendre cela possible.

En décembre 1980 l’article : Le médecin de famille : Professeur ou technocrate
RÉSUMÉ
En dépit de toutes les avances technologiques en médecine, il y manque quand même toujours quelque chose la sympathie du médecin envers les besoins sociaux des patients. Des études ont prouvées que les patients réagissent beaucoup plus à la façon dont ils sont traités, qu'au traitement lui-même. Souvent les médecins ne voient pas la source véritable des problèmes du patient parce qu'ils sont aveuglés par l'aspect technologique. Leur formation doit prêter une attention plus importante au mode de vie individuelle et familiale du patient plutôt qu'à la maladie elle-même7.

Conclusion
Le rôle du médecin de famille devrait être déterminé en fonction des besoins des patients qui se présentent à son bureau. En ce qui a trait aux maladies qui peuvent être prévenues (p. ex. le tétanos, la polio) ainsi qu'aux crises normatives du cycle de la vie humaine (p. ex. naissance, mariage, retraite, etc.) le médecin est un éducateur. En ce qui a trait à la prépondérance des problèmes de la vie, des problèmes de nature limitée, ou des visites visant à la prévention (80% des visites aux bureaux), le médecin doit être tout aussi capable de conseiller que de guérir. Parce que les problèmes présents sont de nature primaire ou indéfinie, ou chronique et incurable, il faut absolument une personne capable de résoudre ces problèmes, c'est-à-dire une sorte de résolutif afin d'obtenir le plus de renseignements possible lorsque ces genres de problèmes lui sont présentés, le « résolutif » de problèmes doit être un intervieweur totalement ouvert qui sait faciliter la conversation. La santé ne peut ni être rendue ni être enlevée d'une personne sans sa participation active; le médecin de famille se doit donc de promouvoir la participation et responsabilité active du patient dans ses propres soins de santé. Pour répondre aux crises destructives de la vie de famille (p. ex. le divorce, la mort), le médecin doit aussi promouvoir la famille comme unité de fonctionnement de la société. En dernier lieu, et seulement pour un petit nombre d'appelé, il peut venir un temps où il faut laisser la pratique et se lancer en politique active pour essayer de changer la scène locale et nationale à des conditions mieux adaptées au développement, à la croissance et à la santé de la famille.

7 (Med. de Fam. Canadien 1980; 26:1646-1648).


1981
En janvier 1981 le Dr Donald I. Rice réservait toujours une page dans la revue « Le Médecin de Famille Canadien » pour les francophones du Québec. Souvent il répondait à des questions que vous vous êtes certainement posées.

La certification en médecine familiale – De quoi s’agit-il ? En connaissez-vous toutes les réponses ?
LES PREMIERS programmes de formation de résidence conduisant à la certification en médecine familiale débutèrent au Canada, à l'été de 1966. Lors de la première convocation du CMFC, le 1er octobre 1969, 11 médecins de famille de ce pays reçurent leurs certificats. Cet évènement eut lieu à Toronto et fut rehaussé par la participation conjointe de nos collègues du Collège Royal des Omnipraticiens de Grande-Bretagne. Quatorze ans après l'introduction du processus pour l'obtention du certificat, avec un actif de 3,198 certifiés, il existe encore beaucoup de confusion, de l'incompréhension et parfois même de l'ignorance concernant le certificat en médecine familiale.

Qu’est-ce que la certification en médecine familiale ?
La certification est une classification des membres du Collège des Médecins de Famille du Canada. Ce titre est attribué aux médecins de famille qui réussissent aux examens, à la condition de se conformer aux exigences d'éligibilité, soit comme résidents ou comme médecins déjà en pratique.

Exigences requises pour être éligibles à se présenter aux examens du certificat
Il existe deux façons de devenir éligible à la voie de la résidence et celle de la pratique médicale. Pour se qualifier comme candidat, un résident doit avoir complété, d'une façon satisfaisante, une résidence en médecine familiale dans un programme approuvé par le Collège des Médecins de Famille du Canada. Pour les gradués d'une école canadienne de médecine, il faut, en moyenne, deux années de résidence après la graduation. Pour les gradués d'écoles de médecine, hors Canada, la période de formation peut être de deux à trois ans, dépendant de l'évaluation de l'expérience personnelle en médecine familiale. Les demandes de candidats ayant reçu une formation approuvée de résidence dans des disciplines connexes, en plus d'avoir passé une période de temps acceptable dans un programme de résidence en médecine familiale, sont prises en considération d'une façon individuelle. Les médecins ayant gradué en 1980 ou avant cette date sont des candidats éligibles à l'examen du certificat en médecine familiale. Pour se qualifier, un candidat devra avoir complété cinq années de pratique active en médecine familiale suite à une préinscription d'un an; au moment de l'examen, il doit également être en pratique de médecine familiale au Canada depuis au moins deux ans précédant la date de l’examen ; il doit être un membre actif du Collège des Médecins de Famille du Canada et il doit fournir la preuve qu'il a complété 250 heures d'études dans des programmes d'éducation médicale continue pendant ses cinq années de pratique active. Comme pour les résidents, dans les cas de certains médecins, on tient compte de l’expérience en pratique médicale et de la formation en période de résidence. La médecine d'urgence n'est pas considérée comme de la pratique de médecine familiale en ce qui concerne l'éligibilité aux examens du certificat.

Pourquoi le maintien de la certification?
Contrairement aux certificats accordés par le Collège Royal des Médecins et Chirurgiens du Canada et par un bon nombre d'organismes, la certification en médecine familiale n'est pas une reconnaissance à vie d'un niveau acceptable de performance digne de cette mention. Pour conserver leur certification à jour, les médecins de famille certifiés doivent participer à un programme de « maintien du certificat », programme personnalisé d'éducation médicale continue. Ceci diffère du processus du Conseil américain de Médecine familiale qui accorde un certificat valide pour une période limitée de six ans, période après laquelle un médecin doit passer d'autres examens pour conserver ce certificat. En ce qui concerne le maintien du certificat » du CMFC, celui-ci est obligatoire, mais ne comporte aucun jugement sur la performance du candidat et aucune mesure punitive n'est prise au niveau de cette performance. La certification en médecine familiale étant une classification des membres du CMFC, le "maintien" de cette certification est requis pour tous les membres certifiés; c'est un processus raffiné et sophistiqué d'éducation médicale continue et il constitue une obligation à remplir pour demeurer membre certifié du CMFC.

Quelle est la valeur de la certification en médecine familiale?
Nous entendons très souvent cette question de la part de sceptiques à l'intérieur même du Collège, de même que de la part de non-membres, d'étudiants en médecine et d'autres personnes qui mettent en doute la valeur de la certification en médecine familiale et on nous demande d'en faire la preuve.

Les sceptiques semblent mesurer la valeur de la certification en médecine familiale en relation avec la valeur de la certification par le Collège Royal, dans les spécialités traditionnelles. Même si une telle référence est compréhensible, ce serait comme comparer des pommes à des oranges.

Le Collège Royal a été fondé en 1929, le CMFC en 1954. Ce n'est qu'à la suite de la deuxième guerre mondiale, dans les années 40 et au début des années 50 que la certification par le Collège Royal du Canada a commencé à avoir un impact significatif sur les privilèges dans les hôpitaux, les permis de pratique, les honoraires, etc. On ne devrait pas se surprendre du fait que, onze ans après avoir accordé les premiers certificats en médecine familiale, un impact comparable n'est pas très apparent.

Il faudra un certain temps avant de prouver que la certification en médecine familiale peut contribuer à améliorer les soins aux patients. On doit admettre qu'il est difficile de mesurer la qualité des soins aux patients, surtout que, très peu sinon aucune étude n'a été instituée pour mesurer la qualité des soins fournis par nos confrères, les spécialistes certifiés. Cette déclaration n'est pas faite avec cynisme, mais pour mettre en évidence qu'une fois de plus la médecine familiale doit faire la preuve de son importance bien que d'autres disciplines n'ont pas à subir les mêmes contraintes.

En attendant, les bénéfices tangibles de la certification en médecine familiale deviennent graduellement plus apparents:


Avec le temps, on a toutes les raisons de croire que la certification en médecine familiale obtiendra la même valeur et la même importance que la certification dans des disciplines déjà établies.

Le statut actuel de la certification en médecine familiale
Depuis l'instauration du processus de la certification en 1966, un total de 3,929 candidats se sont présentés à l'examen. Sur ce nombre, 2,300 étaient en pratique et 1,629 étaient des résidents. Sur les 3,929 qui se sont présentés à l'examen, 3,198 ont réussi, dans la proportion de 75.9% de médecins déjà en pratique et de 88.5% de résidents éligibles. Un certain nombre de candidats se sont présentés une deuxième fois à l'examen après un échec. Approximativement 50% des membres du Collège sont certifiés.

La certification en médecine familiale se porte bien, malgré les effets défavorables que les contraintes fiscales imposent à l'expansion des programmes d'éducation. Cette limite relative à l'expansion nous oblige à améliorer, à consolider et à maintenir la qualité du processus de certification. Voilà le défi majeur auquel devront faire face les comités de certification du Collège, durant l'année à venir.

Bourses, prix et distinctions honorifiques de 1981 remis lors de la 24e l’assemblée scientifique annuelle en mai 1981 au Château Frontenac à Québec.


Lorraine Trempe.jpgDr Lorraine Trempe,
journaliste médicale et médecin.


Les médecins québécois suivants se sont distingués :
 


Le 27 octobre 1981, nous pouvions lire en anglais l’article suivant :
Gérard Hamel 1981 - 2.jpgLa démission du Dr Hamel, président de la FMOQ, à ce jour seulement 2 présidents ont été élus. Le Dr Hamel diplômé de l’Université de Montréal a pris ses fonctions en 1965. Il est membre honoraire du Collège des médecins de famille du Canada. Selon le Dr Georges Boileau directeur des communications publiques à la FMOQ, « Dr Hamel a été un grand chef de file ». La durée de son mandat a couvert plusieurs crises telles que la bataille de la FMOQ pour son statut officiel de négociations avec le gouvernement, l'application de la formule Rand (c’est une disposition du Code de travail concernant le prélèvement de la cotisation syndicale) et le retrait des services spécialisés lorsque l'assurance-maladie a été introduite au Québec. Lors de la récente réunion, le conseil d'administration a nommé le Dr Hamel conseillé spécial à la fédération.

Selon la charte de la FMOQ, le premier vice-président (Dr André Czitrom de Chandler) prendra ses fonctions jusqu'à ce que les élections aient lieu en décembre. Les affaires courantes, y compris les négociations en cours avec le gouvernement provincial.

Pour confirmer les dires du début de cette décennie, voici les points saillants de l’assemblée du Conseil d’administration du CMFC les 27 et 28 novembre 1981. Les discussions ont porté sur les points suivants :

  1. Obtention d’un certificat en médecine familiale.
  2. Résidence en médecine familiale.
  3. Obtention du droit de pratique générale : Suite à l’étude d’un document préparé par la section québécoise du Collège et qui prend position sur la position exigée pour obtenir le droit de pratique générale, le Conseil a adopté une résolution visant à soutenir la position de la section québécoise. Cette section croit qu'il ne devrait y avoir qu'une voie d'accès à l'omnipratique et que cette voie est celle d'une résidence en médecine familiale d'une durée de deux ans dans un programme approuvé par le CMFC. Le document sur la prise de position de la Section du Québec sur les voies d'accès à l'omnipratique et sera publié dans un prochain numéro du Médecin de famille canadien.
  4. Mode de pratique.
  5. Aspect économique. Le Conseil a donné son accord pour que la cotisation au CMFC soit augmentée de 150$ à 175$ par année à partir du premier janvier 1982.
  6. Liaison avec d’autres organismes.
  7. Membres associés (résident en médecine familiale).

 


1982
Prévision d’un centre d’examen francophone au Québec
L’Université de Montréal a fait ses débuts en 1975 avec la docteure Nadine St-Pierre, à l’hôpital Maisonneuve Rosemont. Comme pour l’Université de Sherbrooke, jusqu’en 1981 il s’agissait d’une section du Département de médecine sociale et préventive.

Juin 1982 dans la revue notre revue « Le médecin de famille canadien »
Le titre “FPs in Quebec Launch Job Action Campaign In Fee Dispute With Provincial Government
Montréal – Les médecins de famille québécois ont lancé une série d’actions dans les différences tarifaires des différents gouvernements provinciaux. La FMOQ compte 5 500 membres sans accord de contrat depuis mai 1981. Il demande une augmentation substantielle de 42.2 %. Les actions ont commencé lorsque la fédération demande à l’échelle provinciale une session d’étude à la fin avril et une autre au début de mai. Plus de 95 % des médecins de famille ont fermé leurs bureaux et plus de la moitié ont participé aux réunions, a déclaré le Dr Georges Boileau, directeur des communications de la FMOQ. Plusieurs médecins ayant fermé leurs bureaux et qui ne participaient pas aux réunions fournissaient les services d’urgence. Il devrait y avoir 4 sessions additionnelles d’ici la fin juin. En plus des réunions les médecins peuvent prendre 2 à 3 jours de vacances par semaine. Pour ceux de la fonction publique, il est prévu d’adopter un horaire de 9h00 à 17 heures.

Il est prévu d’inclure le boycotte de certaines activités administratives dans les hôpitaux par exemple en refusant de remplir certains formulaires, y compris ceux pour les personnes qui ne peuvent pas travailler pour des raisons médicales, l’assurance chômage et les permis de conduire. La FMOQ demande une augmentation de 35,8%, 24 % pour le rattrapage plus l’augmentation du coût de la vie à partir de juin 1981 jusqu’à maintenant et de 6,4% pour le taux d’inflation du second semestre de cette année. En fin d’article le Dr Boileau commente « Le gouvernement est prêt à investir dans toutes sortes de choses, mais il ne semble pas que la santé et la profession médicale soit l’une de leurs priorités.

Encore une fois en 1982, les récipiendaires québécois sont peu nombreux, mais ils sont tous encore reconnus. Malheureusement, une fois de plus aucun membre pour le titre de Fellow.

Paul Grand Maison.jpgDr Paul Grand’Maison
- Bourses de recherche et de développement


Dr Martin Lacasse.jpgDr Martin Lacasse
Bourses Upjohn


Marc Steben.jpgDr Marc Steben
Bourses Schering


590900-dr-rejean-hebert.gifDr Réjean Hébert
Prix Nadine St-Pierre


Résultats du premier examen de médecine d’urgence du CMFC

Le 20 novembre 1982, LE 20 NOVEMBRE 1982, le Collège des médecins de famille du Canada tenait son premier examen de compétence en médecine d'urgence. Cet examen permettait pour la première fois aux médecins canadiens plein temps ou temps partiel en soins d'urgence de mesurer leurs habiletés par des standards définis par leurs pairs. Le Collège a toujours eu un intérêt soutenu pour le maintien des services optimums de distribution de soins médicaux d'urgence au public canadien, et ce nouveau standard rehaussera cet effort. La médecine d'urgence est une partie importante de la médecine familiale; les candidats qui se sont présentés à cet examen sont des médecins de famille ayant une implication majeure en soins d'urgence. Ce nouvel examen leur permet l'accès continu aux services d'urgence et les encourage à mesurer et à maintenir leurs habiletés dans ce domaine important.

Hôpital général de Toronto.jpgUn total de 83 candidats se sont présentés à l'examen de 1982, lequel se tenait à l'Hôpital Général de Toronto.

Les candidats provenaient de centres situes un peu partout au Canada. II y avait 43 médecins en soins d'urgence pratiquant à plein temps et 34 à temps partiel. De plus, cinq candidats avaient reçu une formation en médecine d'urgence et étaient gradués de programmes approuves par le Collège. On pouvait compter huit candidats francophones et ceux-ci ont passé l'examen dans leur langue.


Liste des candidats québécois ayant réussi l’examen :


Nous étions en 19828, et l’existence d’un département de médecine générale dans tous les établissements des soins de courte durée du Québec n’était pas encore acquise. On en discutait pourtant depuis les premiers jours de l’association de Montréal en 1961. Bien que ce département ait droit d’existence dans la plupart des établissements, il était toujours tabou dans les grands établissements universitaires de la province et surtout à Montréal.

8 Histoire de la FMOQ.


1983
Bourret Robert.jpgC’est le Dr Robert Bourret de Verdun, qui était à la présidence du Collège des médecins de famille du Canada.


Pour l’année en cours les récipiendaires du Québec sont :


Encore une fois cette année aucun titre de Fellow pour les médecins de famille québécois.

Au niveau des chapitres provinciaux, des bourses dans le domaine de la recherche, de l’éducation ou pour des projets bibliothécaires ont été octroyé aux :


Des nouvelles de la réunion du Conseil d’administration du CMFC tenu les 22 et 23 avril 1983 :

Adhésion : Depuis le premier janvier 1983 les membres retraités n’ont plus de cotisation à payer. Pour les médecins œuvrant à plein temps en milieux d'urgence qui ne sont pas certifiés du Collège des médecins de famille du Canada, mais qui réussissent l'examen de Médecine d'urgence du Collège, que le statut de membre actif leur soit accordé, avec tous les privilèges et les responsabilités qui y sont rattachées.

Domaine St-Laurent.jpgDomaine St-Laurent de Compton. Historiquement connu sous l’appellation du King’s Hall

Dans sa forme actuelle, la première Assemblée scientifique annuelle du Collège québécois débute en 1983, sous le thème « Un enseignement et une pratique adaptés aux années 80 » le président scientifique est le Dr Roch Bernier.

Comme vous avez pu le constater, nous avons été beaucoup moins à l’avant-scène dans cette décennie, mais continuer l’aventure avec nous …. 1984 - 1993


slide1974-1983.png



monfolio.ca